De l’Art de voyager à la zob

Ou de se laisser porter par le vent, si vous voulez une jolie formulation…

Quand j’étais au Népal, j’organisais tout au jour le jour. Je décidais le jour même de quitter une ville pour une autre, et je prévoyais très peu mes journées. J’ai adoré cette façon de voyager : c’est reposant de se laisser porter. D’aller de jour en jour, de rencontre en rencontre. ça permet d’être ouvert à l’autre, à l’écoute de ses intuitions…

Bien sur, parfois c’était un peu stressant : lorsque j’arrivais à un endroit de nuit sans savoir où je dormirai, lorsque je devais traverser tout le pays dans un mini bus et que le chauffeur parlait pas anglais – essayez donc de mimer « je vais pisser, partez pas sans moi » 😉

Mais à chaque fois, tout se passait bien. Comme si une entité veillait sur moi. J’ai même commencé à lui parler, à cette entité, à chaque fois que je commençais à douter ou à stresser. Je sais, ça parait dingue, mais c’est mon blog alors je dis ce que je veux.

Bref, tout faire à la zob me réussissait tellement et me faisait tellement de bien que je m’y suis habituée. J’ai gardé un peu ça en moi je crois : je planifie au jour le jour, en fonction de mes intuitions.

J’ai aussi encore la sensation que cette entité veille sur moi, c’est assez fort… Par exemple, récemment, je me suis retrouvée au fin fond du pays de Galle et mon plan Woofing a été annulé. Je me suis donc retrouvée perdue, sans plan ni endroit où dormir. Pourtant, j’ai retrouvé rapidement un Woofing où je me suis sentie si bien que j’ai eu l’impression que la vie m’y avait conduite.

Ici, on m’a parlé du lien à l’univers. Vous pouvez utiliser votre conscience pour communiquer avec l’univers. J’ai pas tout compris en détail, mais l’autre fois je faisais du stop et je galérais un peu (j’ai du perdre mon mojo, ou alors j’étais mal coiffée j’sais pas). Vous allez surement vous foutre de moi, mais j’ai fermé les yeux et j’ai essayé de me connecter avec l’univers. J’ai demandé que la prochaine voiture qui passe soit quelqu’un de super sympa qui me prenne en stop. Et 5 minutes plus tard, un mec super sympa s’est arrêté et m’a prise en stop. ça parait surement anodin, mais moi j’ai trouvé ça assez fou pour que ça sème en moi le doute.

Bon, j’ai essayé de demander 100 balles et un mars, pour le moment je les ai pas trouvé par terre, mais je perds pas espoir.

Bref. Peu importe ce que c’est. Dieu, Univers, ou simplement nous-même (l’état d’esprit dans le quel on est influence le monde autour de nous). Mais c’est assez dingue pour que j’ai envie de vous en parler. Alors voilà. Essayez donc !


Le bouchon de liège

Quand j’étais en Erasmus, un de mes colocs m’a dit un jour : retourner chez ses parents après avoir habité ailleurs, c’est un peu comme quand on essai de remettre un bouchon en liège sur une bouteille de vin : le bouchon a grossi, et il ne rentre plus.

J’ai trouvé cette image vraiment parlante et très vrai. Peut-être aussi parce qu’elle parle de vin ? 😉

Aujourd’hui, j’ai la sensation d’être un bouchon de liège qui revient à sa vie passée. J’avais fait le choix de sous-louer mon appart pour partir au Népal. Je crois que c’était une manière de me rassurer : plutôt que de sauter sans filet, je savais que je reviendrai pour retrouver ma vie, mes repères.

Seulement voilà, je suis rentrée, j’ai retrouvé ma vie, mon appart, mes amis… Mais pas mes repères. J’ai beaucoup changé et me sens en décalage avec tout le monde. Je ne retrouve pas les raisons qui me faisait aimer cette vie.

Pourquoi suis-je revenue ici ? Qu’est-ce que j’fous là ?

Finalement, c’est logique. Si je suis partie, c’est parce que cette vie ne me convenait pas tout à fait. Y revenir, c’est sécurisant… Mais c’est un retour en arrière. Je me sens en décalage avec mes amis, comme si leur vision du monde ne correspondait plus à la mienne, car elle a trop changé. Mais le plus flippant, c’est que parfois, à travers des mots qui se veulent encourageant ou bienveillant, ils sèment le doute en moi. J’ai peur d’oublier tout ce que j’ai appris sur moi au Népal, et de me laisser aller par le courant et revenir à ma vie d’avant…

J’ai mis un peu de temps à prendre cette décision. Mais aujourd’hui, ça me parait limpide : le bouchon a besoin de voir autre chose. Alors je le lance à l’océan, ce bouchon de liège. Je sais pas trop où il va atterrir. Mais ailleurs, ça c’est sur.

Let’s move.

Premier jour du reste de ma vie

Ça fait une semaine que je suis rentrée du Népal.

Aussi violent que vicieux, cet enfoiré de spleen du retour m’a frappée de plein fouet. C’est idiot, mais ne l’attendais pas. J’étais plutôt contente de rentrer pour commencer de nouveaux projets et retrouver mes amis et ma bulle. Et pourtant, les premiers jours après avoir atterri, je me sens perdue, déprimée.

Normalement, en rentrant à Lyon après des vacances, j’ai l’impression de rentrer à la maison. Pas cette fois. Alors que je traverse les rues qui séparent mon appartement de la gare, j’attends la sensation habituelle de « Home Sweet Home », mais elle ne vient pas. J’avais sous-loué mon appart, je le retrouve niquel… Mais là non plus, je n’ai pas la sensation de rentrer « chez moi ». Merde alors, qu’est-ce que je fous là ? Et si je n’ai pas envie d’être ici, où est-ce que j’ai envie d’être ?

Alors j’ai filé chez mes parents, à la campagne. Cet endroit me guéri, comme certains endroits du Népal m’avaient guérie. Je retrouve le goût d’être ici.

Une fois guérie, je rentre à Lyon. Dans le bus, j’écoute la Rukétanou. Ça faisait un moment que j’avais pas écouté. Je peux pas m’empêcher de sourire. Je me sens tellement, profondément heureuse. Comme si j’étais au départ d’une belle rando, avec des tas de chemins possibles, tous plus sympa les uns que les autres.

Tout est possible. Tout est en construction.

J’ai tellement de chance qu’à 28 ans, mon corps m’ait montré qu’on faisait fausse route. Et que j’ai pu changer de cap. Virer de bord. J’avais si souvent écouté la Ruket’, en rêvassant d’une autre vie. Une vie moins stable, mais plus libre. Et ça y est ! Enfin ! Je suis en chemin vers cette vie. J’ai même déjà fait quelques pas.

J’ai toujours trouvé l’expression « aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie » ultra cucul et cliché, et pourtant, aujourd’hui, c’est exactement ce que je ressens.

Bref, ça m’a semblé être un jour idéal pour commencer ce blog.