Ou plutôt merde à la lâcheté
Franchement certains jours la gueule de ma vie sentimentale, décousue et amochée, me fait un peu peur. Mais en même temps quand on voit la gueule du monde, apeuré et renfermé, j’me dis que j’ai des circonstances atténuantes.
Le Covid ne nous facilite déjà pas la tâche… Entre les rencards au parc en plein mois de janvier, les célibataires qui s’essaient au dating virtuel et les couples qui implosent pendant les confinements…
Pourtant, le Covid n’a pas trop freiné ma vie sentimentale. Pendant le premier confinement je suis sortie avec mon coloc. Hé oui, local et de saison. Et puis il a rencontré une fille via une appli, version moderne de l’adultère covidéen. Alors une fois deconfinée j’me suis jetée tête la première, armée d’un peu de fard à paupières, dans le monde sans pitié de la rencontre et de la romance. Et puis j’ai rencontré ce type. Vous voyez, je fais preuve d’agilité pour aimer entre les gouttes.
Mais voilà, c’est pas le covid qui fout le bordel dans ma vie sentimentale. C’est les gens. Ou plus exactement, leur manque d’honnêteté et d’empathie. Mon coloc qui s’inscrit sur Tinder en plein milieu de notre amourette, pourquoi ? Pour aller vérifier si l’herbe est plus verte ailleurs ? Et surtout, ça va de soi, sans m’en parler. Ce type de post-confinement qui me jure, droit dans les yeux, que c’est fini depuis des semaines avec son ex, et qu’il est prêt pour autre chose. Et puis qui m’apprend, 2 mois plus tard, qu’il se remet avec elle.
Alors peut-être que c’est moi. Peut-être que je suis naïve. Et puis je leur jette la pierre, mais je suis imparfaite aussi. Des coeurs, j’en ai éraflés quelques uns… Mais j’apprends chaque jour un peu plus le poids de l’honnêteté et de la transparence.
Je ris amèrement au nez des excuses lâches. « Tu comprends, j’avais peur. ». Mais peur de quoi ? D’un éclat de colère ? Alors plutôt que d’affronter mes yeux en quête de vérité, on détourne le regard, on joue avec mon cœur. On me joue du pipeau et je me laisse bercer.
Ça commence à m’énerver, cette lâcheté ambiante. C’est pas si compliqué de dire « voilà où j’en suis ». Enfin, j’imagine que c’est encore moins compliqué de mentir et de se mentir. De se jouer des musiques romantiques en fond et de se croire dans un film à l’eau de rose. Un truc facile, où tout roule, sans discussion houleuse…
J’en ai assez des demi-engagements, des mensonges et des non-dits. Des pansements qu’on enlève tout doucement au lieu de les arracher un bon coup. De ceux qui m’essaient avec prudence, juste pour voir quel goût à mon gloss, sans attache ni lendemain. Que ce soit sentimentalement ou pour le reste, pourquoi ne revient-on pas à des choses simples ? Concrètes ? Honnêtes ?
Merde à la fin. Merde à l’amour.





