Coup de téléphone et coup de pression

Ou la Phone-Phobie

Qui d’autre ici déteste répondre au téléphone ? Franchement, à l’ère du numérique, on ne pourrait pas tous se contenter d’emails et messages vocaux ?

Non mais vraiment, j’ai une phobie des appels téléphoniques. Quand le téléphone sonne, je ne décroche pas, j’écoute d’abord mon répondeur. Bon, ça vous me direz, c’est la base.

Mais ensuite, quand je dois rappeler, je panique. Le plus ironique, c’est que ce qui me fait le plus paniquer, c’est de rappeler un employeur pour un job que je décline… Vous allez me trouver chelou, mais voilà, c’est comme ça.

Il m’arrive de mettre 2 jours à rappeler quelqu’un parce que je panique trop au moment de cliquer sur « appeler ». Et plus je panique, plus je panique…

Pour surmonter mon angoisse, j’active le mode pilote automatique. Je me force, et j’écoute l’autre avant de dire quoi que ce soit. Parfois, ça donne lieu à des silences gênants. « Allô ? Ah, je ne vous entendais plus » me dit mon correspondant. Et je me garde de répondre « oui c’est normal, je ne savais pas quoi dire ». Peut-être que je devrais être honnête et leur dire « écoutez, j’ai une phobie du téléphone. Je peux vous faire un mail ? Bisous. »

Le plus ironique dans tout ça, c’est que mon dernier job, c’était standardiste. Du coup, j’ai passé 2 mois à faire semblant d’être au téléphone. Mais non, j’déconne. Qu’est-ce que je suis drôle. ça doit être depuis que j’ai vu l’excellente série Drôle (et ceci n’était pas sarcastique). Voilà que je m’égare à nouveau. En vérité, j’ai été une excellente standardiste. Je me suis dit yay, j’ai surmonté ma phone-phobie !

Et là, ce soir, j’ai un appel manqué… Il faudrait que je rappelle… Bon, je le ferai demain…

Panic, panic, panic

Le Design de mon van aménagé

Ou comment j’ai passé mon doctorat en Design de Van Aménagé (hé ouais)

Bon… Cette histoire m’a pris la tête, qu’on se le dise. J’ai passé des journées et des nuits blanches à triturer ce qui me reste de méninges (RIP), pour dessiner un plan qui tienne la route.

Oui, je sais ce que vous allez me dire, j’aurais pu foutre un matelas et un réchaud dans un coin et partir… Oui mais voyez-vous, pour une fille à l’arrache, j’adore me prendre la tête.

Et puis voilà… C’est mon cocon que je crée. Alors j’ai envie de faire ça bien. Même si ça m’empêche de dormir, ça me fait vibrer aussi. J’avais pas été aussi à fond dans un projet depuis un moment. J’oublie de manger, j’oublie de dormir, j’oublie même de me laver… (Alors que d’habitude, ça, jamais…)

Des outils incroyables pour réaliser son plan de fourgon aménagé : boites de carton, découpages, mon cerveau…

Alors comment on case un lit, un bureau, une cuisine, ma guitare, mon tapis de yoga et une roue de secours dans 4m² ? Oui, j’ai mesuré. 170×210, c’est la taille de ma future maison. Et soit dit en passant, la roue de secours m’emmerde, je galère à la caser, et j’espère que je n’aurais jamais besoin…

Après deux semaines à plancher sur mon design, j’appelle Veritas pour m’assurer que celui-ci est conforme aux normes. Évidement, il ne l’est pas. J’avais foutu mon caisson de gaz au dessus du pot d’échappement, pile là où il faut pas. Vous moquez pas : il faut penser à BEAUCOUP de trucs… La répartition du poids, les contraintes liées au fourgon, la sécurité, etc, etc, etc…

J’ai l’impression d’être architecte… En plus précaire quoi.

Bon, je crois que ça y est, j’ai un plan qui devrait fonctionner. Du coup, demain, je passe aux choses sérieuses… La découpe des ouvertures. Haaaaaaaa. Je reviens, je vais faire une petite crise d’angoisse.

Bref, à demain pour de nouvelles aventures.

Nu comme un ver

Comme je vous disais récemment, j’ai acheté un van. La route du retour a été, évidement, une aventure. J’avais pourtant plus ou moins prévu mon itinéraire… Plus ou mois…

Alors je ne vous raconterai pas comment je me suis retrouvée dans un chemin de terre enneigé en plein milieu de la Lozère, à la tombée de la nuit, à devoir faire demi-tour entre un fossé et des rochers, avec un van que je venais d’acheter. Je me suis dit que ça aurait été de mauvais goût d’appeler mon assurance pour venir me dépanner le jour même où j’ai commencé à assurer mon fourgon, alors je me suis démerdée comme j’ai pu, et je me suis sortie de là.

Bref, je m’égare (c’est le cas de le dire). A peine (enfin) arrivée, je gare le précieux fourgon et c’est parti pour la première étape de l’aménagement… Et la plus fun !

Première étape : enlever tous les revêtements en bois et nettoyer à fond le fourgon. Yay ! Mon père m’a aidé a enlever les barres de toit, et je lui en suis vraiment reconnaissante, parce que ça avait l’air galère.

1000 coups de balais et 3 millions de coups d’éponges plus tard…

Tadaaaaaa

ça m’a pris 2 jours (avec pas mal de pause, je vous le concède), mais mon fourgon est à présent propre comme un sous neuf !

J’ai donc pu passer à l’étape suivante : la création du plan des aménagements

Van Life – le commencement

Aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie

J’ai regardé ce film un jour car j’aimais bien le titre… Eh bien le titre s’est révélé être la meilleure partie du film. Mais là n’est pas le sujet de cet article.

Voilà, aujourd’hui, j’ai acheté un van. Je peux vous dire que j’étais pas hyper bien au moment de cliquer sur « confirmer le virement » d’une telle somme. Je n’ai jamais rien acheté d’aussi cher. C’était cool aussi, cela dit, parce que ça fait 2 ans que j’économise, donc c’était comme un aboutissement de mes efforts.

Les jours qui ont précédé l’achat, je suis passée par pas mal d’émotions : excitation, doute, peur, excitation à nouveau…

Ce matin, j’ai pris le train à 9h23, et je suis arrivée à 17h08 à ma destination… Un van, ça se mérite. Dans le train, je suis à nouveau passée par des phases vertigineuses de doute : « Est-ce que je ne suis pas en train de faire une connerie monumentale ? Je pourrais aussi m’orienter vers une vie normale, trouver un job, un appart… ».

Je vous avais parlé de mes galères pour trouver le fameux fourgon. Je vous avoue que je suis soulagée d’avoir franchi cette étape. Je ne réalise pas encore vraiment. Mon cerveau partait tellement dans tous les sens que je l’ai un peu mis en off ces derniers jours. Je l’ai conduit environ une heure ce soir avant de m’arrêter pour la nuit.

Maintenant, reste à l’aménager. Cette idée là aussi me donne le vertige. Pour éviter les crises d’angoisse, je me force à procéder par étape. Un pas à la fois. Ma prochaine étape est donc de ramener le van à la maison. Puis de le nettoyer à l’eau et au savon. Après ça, on verra.

Ca continue par ici : nu comme un ver

La Pré-Van Life

Genre avant les photos insta super glam…

Ca fait environ 3 ans que j’envisage de vivre dans un fourgon aménagé. Il y a 3 ans, j’ai fait un burnout, et j’ai quitté mon emploi. Je suis partie avec mon sac à dos au Népal, et aussi cliché que ce soit, je me suis retrouvée. Je me suis autorisée à réfléchir à la vie dont j’avais envie, et parmi ma liste de rêves impossibles et inavouables se trouvait « vivre en van aménagé ». Je ne pourrais pas vous dire d’où l’idée m’est venue…

Ensuite, j’ai habité au Royaume-Uni, où j’ai rencontré la sublime Cécile, qui est devenu ma meilleure amie et… Qui vit dans son van aménagé.

J’allais souvent boire le thé chez elle, et je m’y sentais incroyablement bien, dans son cocon tout de bois et de coton. La petite graine a commencé à germer dans mon cerveau. Moi aussi, j’aimerais bien un cocon qui bouge…

J’ai envisagé d’acheter un fourgon là-bas, mais l’idée d’avoir le volant du mauvais côté ne m’enchantait qu’à moitié. Quand j’ai pris la décision de rentrer en France, je me suis dit « c’est le moment, dès que je suis en France, j’achète un fourgon ».

Cela fait un an que je suis rentrée… Et je n’ai toujours pas acheté de fourgon. Mes peurs ont pris le dessus. J’ai tellement peur de m’engager que même une maison qui bouge me parait un achat trop engageant : et si je décidais de partir vivre en Australie, qu’est-ce que je fais de mon van ? J’ai aussi peur de manquer de confort, d’investir toute mes économies dans un mode de vie qui ne me plaira peut-être pas, etc, etc etc…

Ah, la peur… Tmtc.

Bref. Après plus d’un an de tergiversation, j’ai surmonté mes peurs. Je sens dans mes tripes que c’est ce que j’ai envie de faire. Et comme dirait Cécile : Trust your guts, always.

Quand t’es une petite nana qui cherche un van

Les conseils de mes proches sont unanimes : emmènent quelqu’un avec toi qui s’y connait. On trouve de tout sur le bon coin, du bon et… du pas bon. Mais voilà, je ne connais personne qui s’y connait, ni qui soit prêt à faire 8h de route pour aller inspecter un véhicule qui me plait. C’est dans ces moments là que je me dis qu’avoir un mec ça pourrait être pratique… 😮

J’ai épluché tout ce que j’ai pu sur la mécanique et j’ai une idée disons correcte de ce qu’il faut vérifier sur un véhicule. Mais voilà… Je me frotte au machisme du monde du cambouis. Dans un garage, lorsque j’ai voulu jeter un coup d’œil au moteur, le mec s’est vexé. Il m’a dit que je n’y connaissais rien, que je n’étais pas mécanicienne, et que je devais lui faire confiance. Okay… Dans un autre, quand je me suis allongée sur le sol pour vérifier si le châssis était rouillé, le mec m’a dit d’un air un peu hautain « mais, vous vous y connaissez, en fait ?« . Je ne peux pas m’empêcher de me demander s’ils auraient réagi pareil avec un homme, calé en mécanique ou pas.

La semaine dernière, j’ai fait 8h de route aller-retour pour voir un véhicule, qui s’est révélé ne pas correspondre à l’annonce… Dur pour le moral. J’étais prête à abandonner mon projet, tant la recherche de véhicule me plombait.

Et là… J’ai entendu parler de Trustoo. C’est une entreprise qui vous permet de « louer » les compétences d’un expert en automobile, qui va inspecter le véhicule pour vous (où qu’il se trouve). Cela vous évite un déplacement inutile, et cela vous permet d’acheter sereinement. Je ne peux pas encore me prononcer sur le sujet, je ne les ai pas encore testé mais… C’est GENIAL comme concept !!!

Voilà, je reprends espoir. Avec un peu d’aide, je vais le trouver, mon fourgon.

Van life is coming…

Quand mes cerveaux font la paix

J’ai récemment commencé la lecture d’un livre sur l’intuition. Ce n’est pas le premier que je lis sur le sujet : il y a quelques mois, ma sœur m’en a offert un, dans l’espoir que cela m’aide à prendre des décisions.

J’ai toujours eu beaucoup de mal à prendre des décisions, que ce soit pour des petites choses (est-ce que j’achète ces chaussures, etc-ce que je vais à cet événement…) ou les plus importantes (est-ce que j’accepte ce job, est-ce que je déménage…). Je me suis dis qu’essayer d’apprendre à écouter mes intuitions, ou encore, les sensations physiques que je ressens en pensant à différentes options, pourrait m’aider à faire des choix. Je me dis que je pourrais peut-être suivre les chemins qui m’appellent vraiment, plutôt que d’écouter mes peurs. Écouter mon cœur, ou mon corps, ou l’Univers, enfin bref, si quelque chose voulait bien me montrer le chemin, il suffira d’un signe, vous voyez l’idée.

J’ai des attentes élevées en lisant ce livre. En ce moment, je me sens perdue à tous les niveaux : où est-ce que je devrais habiter, qu’est-ce que je devrais faire comme boulot, bref, quelle vie je veux. Je suis tellement perdue que je ne sais pas par où commencer, et plus j’y réfléchis, plus l’angoisse me submerge. Je me retrouve paralysée. Pas facile, hein, d’écouter son cœur plutôt que ses peurs.

Le livre parle beaucoup de cerveau gauche (le cerveau disons rationnel, qui active le mode « survie » si nos besoins ne sont pas respectés), et le cerveau droit (plus intuitif). C’est très approximatif et résumé.

Aujourd’hui, j’ai eu un déclic, mais un déclic que je n’attendais pas du tout. J’ai fait un des exercices de méditation / visualisation proposés, et j’ai essayé de ressentir les différentes sensations dans mon corps. Ca a fonctionné un peu mieux que d’habitude, mais, comme à chaque fois, j’ai du mal à me défaire complètement du nœud que je ressens dans l’estomac, d’une sorte d’angoisse profonde.

J’ai aussi senti une sorte d’ouverture pour une des options à laquelle je pensais, mais immédiatement suivie de peurs. D’habitude, cette peur me frustre, et j’essaie de la faire taire, pour pouvoir me concentrer sur mes intuitions…

Seulement cette fois, plutôt que d’essayer de lutter contre cette peur, j’ai décidé de lui donner la parole. Et là, j’ai pu assister à un débat entre mon cerveau gauche et droit. Mon cerveau gauche, qui a besoin de sécurité (financière et émotionnelle), de stabilité, de confort etc, me dit :

T’es bien gentille meuf avec tes idées d’artistes, et je sais bien que si on te laissait faire, on vivrait comme des hippies, à poil dans la forêt, complètement connecté à l’art, le mysticisme et l’Univers, mais on oublierait de manger.

Ce à quoi répond mon cerveau droit : si on t’écoutait toi, on retournerait à notre vie d’avant : un CDI, un appartement, beaucoup de stabilité et sécurité matérielle, mais on crevait à petit feu.

Je réalise que c’est la première fois depuis des mois que je donne la parole à ces différentes parties de moi. Je réalise qu’en étant aussi concentrée sur l’idée d’écouter mon cœur, j’ai oublié d’écouter mes besoins. J’ai tellement envie de ne plus avoir de peurs, que j’ai oublié qu’elles étaient utiles. J’ai pris conscience que mon besoin de liberté, d’aventure, de rencontres et de créativité, est aussi important que mon besoin de sécurité, de stabilité, de confort. Pas plus, pas moins. Juste aussi important.

J’ai réalisé que j’avais du mal à prendre des décisions parce que je mets souvent ces deux parties de moi en opposition. En envisageant de m’installer en appartement quelque part, mon cerveau droit panique, parce que j’ai peur de me retrouver coincée dans une vie peu épanouissante. C’est un peu ce que je ressentais dans ma vie « CDI, appart, ville ». En envisageant de n’habiter nul part, de vivre au jour le jour, mon cerveau gauche est en mode survie, et il s’épuise, voire se paralyse. C’est un peu ce que j’ai ressenti dernièrement.

J’ai besoin des deux. C’est le déclic d’aujourd’hui. J’ai besoin d’aventure et de liberté autant que j’ai besoin de confort et de stabilité. J’ai besoin de temps créatifs autant que j’ai besoin de sécurité financière. En essayant de faire taire mes besoins, je me fais du mal, j’active le mode survie de mon être, je me retrouve paralysée.

Travailler sur mes peurs est une chose. Mai aujourd’hui, j’ai surtout appris à les écouter. Elles ont, en fait, beaucoup de choses à me dire. J’ai appris à ne plus mettre en opposition les différentes parties de moi. Elles ont toutes raisons.

Je crois que c’est, étrangement, ce que je retire de ce livre sur l’intuition : la pensée n’a pas forcément besoin d’être binaire. Il n’y a pas toujours de bonne ou de mauvaise réponse, ni de bon ou de mauvais chemin. Je peux voir un peu plus large.

Je ressors de ce déclic avec une nouvelle conviction : j’ai besoin d’un cadre stable (financièrement, émotionnellement, confortable etc), au sein du quel je puisse explorer librement ma créativité. Comme si je confiais à la partie gauche de mon cerveau les rênes de ma vie « matérielle », pour que mon cerveau droit puisse se concentrer sur ce qu’il fait de mieux : rêver.

Je ne sais pas encore, concrètement, comment je vais mettre en place ce cadre à la fois sécurisant et libérateur. Comment je vais trouver la sécurité financière dont j’ai besoin tout en ayant la liberté dont j’ai, aussi, besoin. Je sais juste que je n’ai plus envie de mettre ces besoins en opposition. Je veux les écouter, tous. Je crois que je vais aussi essayer, lorsque je ressens une envie et une peur en même temps, de leur donner la parole à tour de rôle. De discuter avec ma peur, de la prendre en compte, de la comprendre, afin de trouver un accord. Pour pouvoir apprendre à voler… Mais en vérifiant mes filets de secours.

Si rien n’a de sens, qu’au moins l’esprit s’y confronte, non ?
Muriel Barbery – l’élégance du hérisson

N’en déplaise à mes psys

Lorsque j’évoque mes envies de voyages, on me répond parfois : « quand tu as envie de voyager comme ça, vérifie toujours que tu ne sois pas en train de fuir quelque chose ».

On m’a souvent conseillé de « prendre racine » quelque part.

Une inquiétude de psy après l’autre, j’ai fini par me convaincre que mon côté voyageuse, mes envies de nomadisme, avaient quelque chose d’anormal. J’ai longtemps été persuadée que c’était lié à mes traumatismes d’enfance, que c’était quelque chose que je devais corriger, sur lequel travailler. Pour être saine d’esprit, il fallait que je m’enracine. Que j’affronte mes peurs pour oser me poser.

J’en étais convaincue.

Et puis d’autres amis m’ont rappelé que quelques fois dans ma vie, partir a été salvateur. Parfois, partir, c’est nécessaire. Pour s’éloigner du cocon familial et se redécouvrir. Fuir une situation toxique ou une vie dans laquelle on n’est pas heureux. Et que souvent, je suis partie pour voir autre chose, par curiosité et ouverture d’esprit, pas forcément pour fuir.

J’adore aussi rester. Prendre le temps de connaître un lieu, de tisser des amitiés solides. Mais je n’ai pas envie d’avoir honte de mon cœur voyageur.

Et puis, est-ce que la vie sédentaire est vraiment signe de sanité ? Est-ce que choisir de passer sa vie dans un seul endroit, quand le monde est si vaste, signifie être sain d’esprit ? Est-ce que choisir de passer sa vie à faire des choses qui nous rendent malheureux simplement pour « oser rester », est vraiment mieux que de partir ?

En même temps, d’autres fois, on me voit comme cette voyageuse libre qui suit le vent. Si c’est une image qui me plait, elle n’est pas vraiment vraie. Quand je suis loin, j’ai souvent le mal du pays, et ma famille me manque. J’adore aussi parfois être casanière, avoir mes habitudes, croiser des gens que je connais au supermarché. Parfois, j’ai l’impression que ceux qui me poussent à explorer toujours plus vivent leurs envies de voyages par procuration à travers moi. Et parfois, j’ai peur de les décevoir en disant « en vérité, je suis restée ».

Je crois que j’ai déjà écrit sur ce sujet. C’est que ça doit me tenir à cœur, et que je n’ai pas encore de réponses. Mi chat sauvage, mi chat d’appartement, assoiffée d’aventures autant que de douceur…

N’en déplaise à mes psys, je vais vivre ma vie comme j’en ai envie.

Quand je suis là j’ai envie de partir

Quand je suis loin j’ai envie d’être là

Nos âmes à nu

Parlons peu, parlons bien.

Parlons d’amour.

J’y comprends rien, vous l’aurez compris. Comme dirait Socrate (je crois), j’ai beaucoup appris, et je sais maintenant que je ne sais rien.

Mais je vais vous dire un truc que j’assume pas, et j’ai seulement le courage de l’écrire sur ce blog que personne ne lit parce que j’ai passé l’aprem à boire des bières en regardant des séries Netflix débiles. Je crois que j’ai peur de l’amour. Oué oué c’est cliché. Mais c’est vrai.

Peut-être qu’au fond on en a tous peur. Parce qu’aimer, ça rend vulnérable.

C’est juste que ce lien émotionnel… Vous savez cette personne qui vous comprend comme personne, qui vous écoute, qui vous rassure ? Ce miroir d’âme, ce lien irremplaçable ? Ce truc dont tout le monde parle, et que personne ne s’explique. Cette personne à qui vous avez envie de tout raconter, vos joies, vos peines, vos doutes. Cette personne qui vous aide à dédramatiser, qui met du soleil dans votre vie ?

Bah quand elle part, il fait nuageux.

Mais surtout, moi quand j’aime, je me sens con. Fragile. Désarmée.

Je crois qu’on ne peut pas aimer sans être vulnérable. Aimer, c’est deux âmes qui se découvrent. Pas d’armure. Pas de carapace. Pas de jeu de rôle. Juste nos âmes à nus, nos cicatrices à découvert.

Et putain, c’est flippant. Tellement flippant que ça me donne envie de me barrer. Disparaître. Franchir une frontière sans me retourner. Mettre mon téléphone en mode avion. Parler à des inconnus sur Tinder en réalisant que toutes ces distractions manquent d’éclat.

Ah putain, j’en reviens pas que je viens d’écrire un article de blog sur ma peur d’aimer.

Allez, j’vous laisse, j’ai une bière qui m’attend, et une série débile à finir.

Pénurie de Valériane

Tu fais quoi toi quand ça va pas ?

L’autre jour à la Biocoop, ils étaient en rupture de racine de Valériane. C’est une plante qui a des propriétés sédatives puissantes, idéale en cas d’anxiété et d’insomnie. Par contre, ils avaient de l’huile de CBD bio, et ça m’a fait un peu sourire, je sais pas trop pourquoi. Alors c’est surement un hasard, la pénurie de Valériane. Ou alors, peut-être que l’engouement actuel pour les tisanes calmantes et le CBD sont un signe de l’anxiété ambiante du moment. Les gens vont mal, askip.

Quand je vais mal, genre vraiment mal, les infusions de Valériane et les roll-ons à la fleur d’oranger semblent un peu légers, comme remèdes. Le CBD aide un peu. Noyer mes pensées en m’absorbant dans les travaux manuels, une série ou les réseaux sociaux, aussi. Mais est-ce qu’au fond ce n’est pas mettre un patch sur une plaie infectée ? (Oups, déso, métaphore dégueu). ça va mieux trois secondes, mais sans antibio, le lendemain, c’est pire.

Peut-être que cette douleur dans ma poitrine a juste envie que je l’écoute. Elle me fait peur, parce qu’elle est intense, alors j’ai tendance à essayer de l’enfermer. Je crois que quand on est sensible dans ce monde brutal, on développe comme on peut des mécanismes de défense pour survire. Parfois quand l’anxiété et la tristesse deviennent trop intenses, mon système déconnecte et se ferme. Bim. Déconnexion. Tout le monde dehors. Je passe mon téléphone en mode avion, je bloque un contact ou je provoque une engueulade, en me disant qu’en virant de ma vie la personne qui a « allumé » cette émotion, hop, plus de problème. Ou alors, je traverse une frontière. En espérant laisser de l’autre côté la solitude et la tristesse. Mais elle m’accompagnent partout. Des fois je me mets une cuite, mais alors là c’est pire, elles explosent, c’est le feu d’artifice de l’émotion.

Je sais que mes émotions ne demandent qu’à être écoutées. Je l’ai lu, encore récemment, ici. Mais c’est flippant. C’est comme si je les avais enfermées dans une petite boite, et j’ai peur d’ouvrir le couvercle.

On m’a parfois dit « si cette personne provoque en toi des émotions négatives, barre-toi ». C’est plutôt sensé, j’imagine. Mais comment on fait alors avec ceux qui globalement vous apportent de la joie, mais parfois vous font mal aussi ?

J’ai lu dans ce super livre que nous avons tous des blessures internes, que l’on développe lorsqu’on est enfant. Les blessures sont si douloureuses qu’on crée une sorte de pansement ou masque pour protéger la blessure, et pour ne pas être blessé à nouveau. Par exemple, si vous avez en vous la blessure de trahison, lorsque celle-ci est activée, vous pouvez devenir contrôlant ou autoritaire. Si vous avez en vous la blessure de rejet, lorsqu’elle est activée, vous pouvez vous mettre en retrait ou devenir effacé. J’ai conscience que c’est quelque chose que je fais souvent.

D’après ce livre, nos blessures s’activent lorsque quelqu’un les effleure. Cette personne n’essaie pas de nous faire mal, parfois même au contraire. L’auteur utilise une métaphore : vous avez une blessure à la main que vous ne soignez pas et que vous protégez par un gant. Votre partenaire ne voit pas votre blessure, puisque vous portez un gant. Il vous prend la main par amour, ça vous fait mal, vous retirez votre main et lui en voulez… Vous voyez l’idée ?

Mais alors, comment on guérit cette blessure ? Ou d’ailleurs, est-ce qu’on doit essayer de guérir ? Ou est-ce qu’on peut simplement accepter que vu les conneries qu’on a été obligé de survivre quand on était gamins, c’est bien normal qu’on est des blessures et des pansements. Peut-être qu’on peut s’entourer de gens qui aiment nous effleurer la joue plutôt que de nous prendre la main. Ou peut-être qu’on peut se parler. Se dire « prends moi plutôt l’autre main » ou bien « utilise plutôt ce mot ».

Le conseil de Lise dans son superbe livre, c’est d’observer nos réactions en s’acceptant et en s’aimant. Remarquer qu’on a « mis notre masque », sans chercher à changer quelque chose, sans se critiquer. S’aimer en toutes circonstances. Faible ou fort. Reconnaître et aimer nos fragilités.

Voilà, c’est pour ça que j’ai décidé de me pardonner d’avoir crevé les pneus de mon ex. (Je plaisante, si vous êtes flic et que vous lisez ça). Plus sérieusement, en écrivant mon propre article, je me suis rappelé de trucs que j’avais oublié. Donc c’est super, et si par hasard quelqu’un tombe un jour sur cet article perdu dans les méandres de Google et que ça aide, tant mieux.

Bon. Je vais peut-être essayer. Mais pas aujourd’hui. Je reste en mode avion, pour encore quelques temps…

PS : en anglais Flight mode veut dire à la fois le mode avion (sur téléphone) et le fait de fuir un problème ou une difficulté. C’est marrant, non ?

Où qu’elles sont mes intuitions ?

Ou « Listen to your Heart »

Comme dirait Roxette. Et j’essaie…. Mais c’est pas toujours facile.

Quand je parle d’écouter son cœur, je parle au sens large, pas au sens romantique. J’entends « écouter son plexus solaire, ses tripes, ses instincts ».

Je crois que la chose la plus importante que j’ai apprise pendant mes vadrouillages, c’est surement d’essayer d’écouter un peu plus mes intuitions. Le Népal m’y a beaucoup aidée : seule, sans programme ni obligation, dans un pays à la culture bien moins rigide que la France, je pouvais décider le jour même de ce que je faisais.

Je me levais le matin, et je décidais si j’avais envie de m’attarder un jour de plus dans cette ville ou si j’avais envie de bouger. Je pouvais décider le jour même, en fonction de mon énergie et de mes besoins, si j’avais envie de lire au calme ou de partir en exploration dans la ville.

En trek, je pouvais décider de m’arrêter à 15h si j’étais fatiguée, ou de continuer à marcher jusqu’à la nuit tombée. Et puis j’étais entourée de voyageurs, de gens sans programme, de gens qui ont le temps. Je pouvais décider le jour même avec qui j’avais envie de passer cette journée. Décider des gens avec qui j’avais envie de m’attarder, des gens avec qui j’avais envie de faire un bout de chemin, et du moment auquel on séparait nos routes. Je me laissais porter… Je me laissais guider par mes intuitions.

Non seulement c’est agréable, parce que ça permet de lâcher un peu prise, mais c’est aussi important. Je crois qu’il n’y a qu’en suivant nos intuitions que l’on peut vivre en accord avec soi, et se sentir bien. Comme si un pas après l’autre, on se rapprochait de qui on est vraiment.

Au Pays de Galle, alors que je faisais du wwoofing, je me souviens d’une conversation avec Gerald le fermier. Je me sentais bien à la ferme, mais j’étais perdue sur la suite. C’était un peu « ok, je me sens mieux les mains dans la terre que derrière un ordi… Mais je ne peux pas rester dans cette ferme pour toujours. Je fais quoi après ? ». J’en ai parlé à Gerald et il m’a dit : « suis tes intuitions. Elles t’ont menées jusqu’ici. Continue à les suivre et tu continueras à trouver des lieux et des personnes qui sont bien pour toi ».

Donc ça ok, on est d’accord pour dire que suivre ses intuitions, c’est cool. On est d’accord pour dire qu’agir avec le cœur plutôt qu’avec ses peurs, c’est bien.

Mais là où je trouve ça difficile, c’est de savoir parfois les retrouver parmi le capharnaüm dans ma tête. Parfois, j’ai l’impression qu’on me dit « tes intuitions, c’est le violon » alors qu’il y a un demi-million d’instruments qui résonnent en permanence. J’ai aussi du mal à faire la différence entre anxiété et intuition. Je me suis demandée si c’était la même chose, en fait.

Quand j’ai commencé à bosser dans le webmarketing, je sentais bien que j’étais pas en phase avec moi-même. J’avais commencé ce taf depuis 4 mois et je rêvais déjà de partir. Je me disais que mes projets étaient irréalistes, que j’étais une douce rêveuse, alors je suis restée. Jusqu’à ce que mon corps craque. A la fin de mon année au UK, je sentais que j’avais envie de rentrer, mais j’avais peur. Peur de quitter ce qui était devenu ma zone de confort, peur de quitter un emploi en pleine « crise sanitaire », etc. Il m’aura fallu une sacrée claque dans la gueule et qu’on me demande « tu ferais quoi si t’avais peur de rien ? » pour que je mette mes affaires dans ma voiture, direction la France.

Aujourd’hui, j’ai encore du mal à m’écouter, à trouver mes intuitions. Est-ce que j’ai envie de rester en France ? Combien de temps ? Dans quoi je veux bosser ? De qui je veux m’entourer ? Où je veux vivre ? On m’a donné des méthodes pour m’aider : visualiser les choses entre lesquelles on hésite et voir laquelle nous fait vibrer, écouter son corps, postuler partout et laisser la vie nous guider.

Je me dis que si c’est si difficile d’écouter nos intuitions, c’est peut-être parce qu’on nous l’a jamais appris. On vit dans une société plutôt cadrée, mesurée, qui laisse peu de place à l’improvisation et au lâcher-prise. Quand j’ai évoqué à ma conseillère Pole Emploi l’idée de suivre une formation de yoga, elle m’a conseillé de faire un Business Plan. Et pour moi, c’est assez caractéristique de notre société : on prévoit tout, on mesure tout. Et soi dit en passant, on se retrouve bien cons quand un virus vient perturber notre organisation. Récemment, j’ai encore lu dans un article la phrase « dans ce contexte d’incertitude », et ça m’a fait presque un peu rire, parce que je me suis dit qu’au Népal, l’incertain fait parti de la vie. Ici, moins.

Je trouve que faire confiance à ses intuitions, aller d’une expérience à l’autre et se laisser guider par la vie, c’est important. Ça fait peur, aussi, et ça déstabilise un peu les conseillers Pole Emploi et les grand-mères. Mais je crois qu’au fond, c’est une force. Une capacité de faire confiance à la vie, et de se faire confiance à soi-même. A se rapprocher de son essence.

En d’autres mots

Not all who wander are lost.