Comme Jack Kerouac, mais avec moins d’alcool et de misogynie, j’ai pris la route.
Ça n’a pas été tous les jours faciles. Un soir, épuisée par la route, j’ai trouvé un super petit spot dans un champ… Et je me suis rendue compte au bout d’une heure que j’étais à côté d’un chemin de fer, avec des trains qui passaient environ toutes les heures. Une fois, j’ai dormi au bord d’une route en banlieue lyonnaise, pourtant éloignée du centre, mais régulièrement, des voitures passaient en trombe et ça me réveillait en sursaut. Une fois encore, je me suis endormie sereine et avec le bruit de la nature, mais je me suis réveillée en pleine nuit à cause d’un orage. J’ai toujours eu peur de l’orage, mais dans mon fourgon, une simple plaque de taule entre moi et le éléments, et le bruit de la pluie amplifié sur la paroi, ma peur a été décuplée. Oui, voyager en fourgon m’a demandé d’affronter un sacré paquet de peurs…
Il y a eu d’autres soirs absolument magiques. Je me suis garée sur une petite route dans les Cévennes, face à des falaises impressionnantes, avec à leur sommet, des rapaces qui tournaient dans le ciel. J’ai eu l’impression d’être dans un endroit mystique, dont je pouvais m’imprégner, seule. Je suis partie en rando, et quel bonheur de trouver mon cocon qui m’attend à la fin du chemin. J’ai parfois sympathisé avec des gens curieux qui demandaient à voir l’intérieur de mon fourgon. Quel bonheur de partager mon petit cocon avec eux. J’ai aussi rencontré un soir un vanlifer garé au même endroit que moi, avec qui j’ai fait un peu de musique et partagé nos meilleurs spots dans la région. Le soir, quel bonheur de méditer dans la lumière tamisée du fourgon. De regarder les étoiles avant de rentrer dans mon cocon, de me réveiller au milieu de la nature.
La journée, ce fourgon a été mon refuge aussi. Les jours où le boulot me pesait, je venais m’y abriter pendant la pause midi. Les jours d’angoisse, j’entre dans le fourgon, je ferme la porte, et le monde disparait.
C’est l’endroit dans ce monde où je me sens chez moi et en sécurité, tout en ayant une porte sur le monde et tout ce qu’il a à offrir : de la nature et des gens bienveillants.
ça m’a aussi appris à me débrouiller avec ce que j’avais et à me passer de ce que je n’avais pas. A me faire confiance.
Ce fourgon m’a apporté la stabilité dont j’avais besoin dans ma vie instable. J’y ai puisé l’énergie dont j’avais besoin pour partir à l’aventure, la sécurité dont j’avais besoin pour affronter l’inconnu. Un mélange de confiance et de doutes, de stable et de mobile, de rencontres et de temps pour soi, de nature et de confort.
Vivre en van, pour moi, c’est s’imprégner de tout ce que le monde à offrir, en se rappelant chaque jour qu’il ne nous appartient pas. Emprunter la terre le temps de se garer, sans s’y enraciner. Se rappeler que tout change. Que rien ne nous appartient jamais vraiment.
When they leave and I remain
I get pieces of the world to myself
I borrow the land for a night
I listen to the secrets of the wind
I absorb the birds’ wisdom
And i move on
Aujourd’hui, je prépare une nouvelle aventure. Les frontières de l’Australie ont rouvert, et je le sens au plus profond de moi : j’ai envie de partir. Je ne peux pas emmener le fourgon, ça coûterait trop cher, alors je le mets en vente. Il fera le bonheur de quelqu’un d’autre en quête d’une vie simple, d’aventures et de nature. Mais peut-être que j’achèterai à nouveau un fourgon en Australie… 😉
Quand j’ai acheté mon fourgon, honnêtement, une grosse partie de mon cerveau se disait « oh putain meuf t’es malade, tu vas jamais y arriver ». Pareil avant de percer un trou pour mettre une grille d’aération, la première fois que j’ai utilisé ma scie sauteuse, que je me suis battue avec un compresseur d’air, que j’ai découpé des planches de contreplaqué de 2m par 1,50m.
L’aménagement de mon van a été ponctué de doutes, de peurs, d’anxiété… Mais aussi de beaucoup de bonheur. Je me levais le matin enthousiaste de commencer, et je continuais jusqu’à tard le soir. J’avais du mal à faire des pauses, je mangeais sur le pouce, j’avais hâte d’y retourner, de reprendre en main ma perceuse, de finir « juste un truc » avant de clôturer ma journée. Le soir, je m’endormais en ayant hâte d’être le lendemain. Rarement quelque chose m’avait autant fait vibrer.
Du coup, je vous raconte par étape, à ma façon, c’est à dire avec humour et quelques injures.
Au total, j’ai passé 3 mois à temps complet à aménager le van. 3 mois de montagnes russes émotionnelles, portée par l’idée que j’étais en train de créer mon petit chez-moi (après 2 ans à toujours habiter dans le grand chez les autres). Un chez-moi minimaliste et mobile.
Isolation du fourgon : liège projeté
J’ai un peu galéré avec l’isolation : j’ai mis du liège projeté, qui comme son nom l’indique, est un liège qui se projette comme un crépit. Ça permet de ne pas avoir de ponts thermiques. Pour l’appliquer, j’ai dû utiliser un compresseur d’air, un truc que je n’avais jamais fait ! J’en ai emprunté un chez Kiloutou, mais les employés ont été incapables de m’expliquer comment il marchait… Donc j’ai peu avancé, je voyais l’heure qui tournait et se foutu liège qui ne se déposait pas sur ce foutu fourgon, j’ai commencé à flipper, à me dire que j’allais jamais y arriver.
Et là, mon voisin, ancien artisan à la retraite, est venu me prêter main forte. Il m’a prêté son compresseur pour une semaine, du coup je n’avais plus la pression de devoir me dépêcher (chez Kiloutou, la location est à la journée), et surtout, il a pu me montrer comment ça marchait. Pfiou… Heureusement qu’il y a des gens prêts à aider les autres !
Le liège projeté, c’est une super isolation, mais c’est assez galère et ça en fout partout ! 😉 Je vous raconte pas les séances de lavage de cheveux après ça !
J’ai complété l’isolation avec du BioTri Fib (un isolant à base de chanvre, coton et lin), et de plaques de lièges épaisses au sol. J’ai mis le paquet sur l’isolation parce que j’avais emprunté celui d’une copine avant d’acheter le mien, et le sol était si glacé par moments que j’ai choppé des engelures.
Le sol : Pose du lino dans le fourgon
J’ai réutilisé le sol bois qui était dans le fourgon, et j’ai posé du lino dessus. Et découper du lino, c’est moins facile que j’aurais cru ! C’est même sacrément galère dans un petit fourgon anguleux 😉
Par contre, une fois le sol posé, on a vraiment l’impression d’avoir avancé, c’est la première fois que je me suis dit « ah oui, ça pourrait ressembler à quelque chose, ce fourgon ». On dirait pas comme ça, mais c’est une étape qui est arrivé après un mois d’aménagement, parce que les étapes « invisibles » (nettoyage, isolation etc) prennent un temps fou.
Électricité dans mon fourgon aménagé
Ce sujet là, qu’on se le dise, me faisait FLIPPER. Surtout qu’une copine m’avait dit que c’était la partie la plus galère… Et elle avait pas tort. C’est la partie qui demande le plus de se replonger dans ses cours de math / physique, que j’avais espéré laisser à l’époque du lycée.
J’ai eu l’impression de redevenir étudiante. J’ai troqué ma perceuse pour un cahier, et j’ai commencé à rédiger mes tableaux de calculs, mon schéma électrique, à calculer la taille des fusibles et le diamètre des fils électrique. Je m’en suis fait des nœuds au cerveau, j’en choppais des maux de crâne, mais je vous avoue que ça m’a passionnée… Et ça m’a fait un bien fou de remettre mon cerveau en action, d’apprendre de nouvelles choses !
Après quelques semaines d’apprentissage, je passe à la pratique. Avec l’aide de ma sœur (notamment psychologique, parce que je stressais de me prendre un coup de jus, douée comme je suis), j’ai installé un panneau solaire, un coupleur séparateur, une batterie auxiliaire, un boitier de fusibles… J’ai étiqueté le tout, pour avoir quelque chose de propre et pouvoir gérer un problème s’il y en avait un.
Je m’attendais à ce que quelque chose tourne mal dans cette étape : le panneau solaire qui bug, un coup de jus en branchant la batterie secondaire, n’importe quoi. Du coup, j’ai été vraiment surprise qu’en fait tout fonctionne du premier coup !!!
Ensuite, place au tirage des câbles. C’est à dire faire partir toute l’électricité stockée dans ma batterie secondaire vers mes équipements électriques : lumière, pompe à eau, prise allume-cigare etc.
A chaque fois, j’étiquette les câbles pour m’y retrouver. Le fourgon devient un méli-mélo de câbles, isolants, cosses. J’apprends à me servir d’une pince à dénuder, de cosses, et surtout, surtout… D’un voltmètre !!! Le voltmètre, c’est le meilleur ami d’un aménageur de fourgon. Je m’en suis servi tout le long de l’aménagement, et plus tard, quand un truc bug. ça permet de repérer d’où vient le problème, puisque vous pouvez repérer facilement où il y a du jus, et où il n’y en a pas.
Le plus galère, ça a été la partie lumière. Déjà, il m’a fallu comprendre comment fonctionne un interrupteur (vous moquez pas). Ensuite, il a fallu que je réfléchisse à comment tirer mes câbles. Parce que voyez-vous, quand c’est trop simple, je m’ennuie, alors je me suis tapé un petit kiffe : j’ai créé un ciel étoilé (avec des minis spots partout au plafond) et j’ai mis des bandeaux LED avec un variateur d’intensité. Franchement, je me suis arraché les cheveux sur le plafond étoilé, qui est clairement gadget, mais voilà, ça me fait kiffer =)
Pour le bandeau LED, il a fallu que le courant aille vers le variateur d’intensité puis vers les bandeaux LED puis vers le moins de la batterie. Pour le ciel étoilé, je l’avais au départ fait en dérivé, avant qu’on me dise que c’est mieux en série, sinon chaque spot perd en intensité… Du coup, j’ai du tout refaire et refaire. Aaaaah la frustration… Je vous raconte pas.
Et la lumière fut…
L’habillage du fourgon
Ensuite, j’ai découpé d’énormes plaques de contreplaqué pour créer un habillage. Je n’avais jamais utilisé de scie sauteuse avant l’aménagement du fourgon, alors ça été aussi flippant que gratifiant de réussir. J’ai utilisé du contreplaqué d’Okoumé, résistant à l’humidité et léger, et je l’ai peint avec une peinture résistante à l’humidité (sur les conseils d’une copine) et avec peu de COV/L (sur les conseils d’amis). Le tout donne quelque chose de résistant et sain (c’est mieux quand on dort dans un 4m²).
Il a fallu faire des trous au bon endroit pour laisser passer les fils de courant, et réussir à fixer le contreplaqué sur les tasseaux que j’avais mis au tout début.
Et la palme d’or du truc galère à faire revient : au plafond !!! OMG… La galère…
J’avais fixé des tasseaux au plafond sur lesquels fixer des fines lattes en bois (parce que c’est trop joliiii). A ce moment là, pour vous mettre dans le contexte, c’était la canicule de mai, donc il devait faire 45°C dans le fourgon à partir de 11h du mat’. Je me levais à 6h et j’attaquais direct pendant les heures supportables. Honnêtement, accrocher mes lattes en bois au plafond, les bras levé, la perceuse au bout du bras, dans cette fournaise, ça a été vraiment dur.
Et le pire… C’est qu’une fois que j’avais enfin fini ce calvaire… Je me suis rendue compte que le plafond tenait mal, que mes tasseaux se décrochaient.
J’vous jure, j’étais à bout de nerfs. Vraiment. D’ailleurs, j’ai pris quelques jours off pendant lesquels j’ai mis en pause l’aménagement. Je sentais que sinon, j’allais craquer.
Et puis je m’y suis remise. J’ai enlevé toutes les lames de bois, une par une, en enlevant chaque spot du ciel étoilé. J’ai acheté une pince à riveter sur les conseils du vendeur du magasin de bricolage (qui est devenu un de mes meilleurs amis, tellement j’allais là-bas souvent ;). Et là, ça a été magique. Là, mes tasseaux tenaient super bien. Yessssa.
Donc après des heures de travail acharné dans mon sauna sur roue, voilà qu’enfin mon magnifique plafond et le ciel étoilé prennent forme.
Les meubles de mon fourgon aménagé
J’ai malheureusement assez peu de photos de la construction des meubles. J’étais un peu prise par le temps parce que je commençais un job dans quelques semaines, et je voulais voyager un peu avant.
J’ai créé un lit, découpé un matelas Ikéa avec mon couteau à isolant, puis j’ai créé une tête de lit et un meuble de cuisine. Et puis j’ai fait l’étape la plus amusante, celle que j’attendais tout le long : la déco ! Je l’ai gardé assez sobre, mais j’ai utilisé quelques poignées de portes chinées chez Troc de l’île, et un peu de corde de jute pour les endroits où l’isolation restait visible.
Et ça nous donne :
L’eau dans mon fourgon aménagé
Dans le fourgon que j’avais emprunté à une amie avant d’aménager le mien, il y avait un système de jerricans: on sort celui d’eau propre pour le remplir, et celui d’eau sale pour le vider. Comme je trouvais ça chiant (et que je suis très flemmarde), j’ai fait un système d’eau 2.0. J’ai mis un énorme jerrican 30L dans la soute du fourgon, pour pouvoir le remplir avec un tuyau d’arrosage depuis les portes arrières, et un jerrican avec une sortie d’eau à l’intérieur du fourgon, pour pouvoir vidanger sans sortir de chez wam, comme avec les camping-car. J’vous avoue que je suis très fière de mon ingénieux système. 😉
Et maintenant l’aventure !
Ces 3 mois à aménager mon fourgon ont été des mois magiques, remplis de découragement et de frustration parfois, mais surtout d’émerveillement, de fierté, de petites et grandes joies. J’ai énormément appris, moi qui avait à peine planté un clou jusque là, et surtout, je me suis gorgée de confiance en moi. Je me suis dit que si je pouvais faire ça… Je pouvais tout faire. Je suis partie en me disant « je n’y arriverai jamais », et je me suis prouvée à moi-même que si.
Je me suis découvert une nouvelle passion : bricoler. J’ai découvert le bonheur de passer ma journée une perceuse à la main, dans mon vieux jogging. J’ai redécouvert le bonheur que j’avais, gamine, à construire des cabanes. Le bonheur des séances de yoga le soir pour remettre à peu près d’aplomb mon corps endolori.
Et cela m’a donné envie de me former à l’éco-construction un jour…
Mais avant tout cela, place à l’aventure. Hit the road, babe!
L’aménagement du cocon va de bon train… Enfin… Pas vraiment. Pas aussi vite que j’aurais espéré, pour être tout à fait honnête. En fait, les étapes de préparation prennent beaucoup plus de temps que ce que j’avais prévu : faire le plan, ajuster le plan en fonction des retours de Veritas, choisir l’isolant, changer d’isolant parce que celui que je voulais n’est plus en stock, etc, etc.
En plus, comme je pars d’à peu près 0 en bricolage, je n’ai aucun outil, et peu de savoir-faire. Du coup, je vais une à deux fois par jour au magasin de bricolage, parce que j’ai toujours oublié un truc. Généralement, je découvre l’outil parfait pour une tâche une fois que celle-ci est quasi finie.
Depuis hier, j’ai entrepris de poncer le van. C’est nécessaire pour que le liège projeté (mon isolant) adhère bien aux parois du van. Alors depuis hier, je frotte l’ensemble du van avec du papier à poncer, des cales à poncer et… une éponge à poncer. Outil que j’ai découvert aujourd’hui, quand j’ai quasi fini, et qui se révèle parfait…
Voilà, j’ai un début de tendinite à force de frotter, les muscles en compote, de la poussière plein les cheveux et les vêtements, mais je suis heureuse. Chaque minute d’énergie dépensée pour ce van me donne le sourire.
Petit à petit, l’oiseau fait son nid…
Le van à ses débuts – mise à nue et nettoyage de la taule
Ou comment j’ai passé mon doctorat en Design de Van Aménagé (hé ouais)
Bon… Cette histoire m’a pris la tête, qu’on se le dise. J’ai passé des journées et des nuits blanches à triturer ce qui me reste de méninges (RIP), pour dessiner un plan qui tienne la route.
Oui, je sais ce que vous allez me dire, j’aurais pu foutre un matelas et un réchaud dans un coin et partir… Oui mais voyez-vous, pour une fille à l’arrache, j’adore me prendre la tête.
Et puis voilà… C’est mon cocon que je crée. Alors j’ai envie de faire ça bien. Même si ça m’empêche de dormir, ça me fait vibrer aussi. J’avais pas été aussi à fond dans un projet depuis un moment. J’oublie de manger, j’oublie de dormir, j’oublie même de me laver… (Alors que d’habitude, ça, jamais…)
Des outils incroyables pour réaliser son plan de fourgon aménagé : boites de carton, découpages, mon cerveau…
Alors comment on case un lit, un bureau, une cuisine, ma guitare, mon tapis de yoga et une roue de secours dans 4m² ? Oui, j’ai mesuré. 170×210, c’est la taille de ma future maison. Et soit dit en passant, la roue de secours m’emmerde, je galère à la caser, et j’espère que je n’aurais jamais besoin…
Après deux semaines à plancher sur mon design, j’appelle Veritas pour m’assurer que celui-ci est conforme aux normes. Évidement, il ne l’est pas. J’avais foutu mon caisson de gaz au dessus du pot d’échappement, pile là où il faut pas. Vous moquez pas : il faut penser à BEAUCOUP de trucs… La répartition du poids, les contraintes liées au fourgon, la sécurité, etc, etc, etc…
J’ai l’impression d’être architecte… En plus précaire quoi.
Bon, je crois que ça y est, j’ai un plan qui devrait fonctionner. Du coup, demain, je passe aux choses sérieuses… La découpe des ouvertures. Haaaaaaaa. Je reviens, je vais faire une petite crise d’angoisse.
Comme je vous disais récemment, j’ai acheté un van. La route du retour a été, évidement, une aventure. J’avais pourtant plus ou moins prévu mon itinéraire… Plus ou mois…
Alors je ne vous raconterai pas comment je me suis retrouvée dans un chemin de terre enneigé en plein milieu de la Lozère, à la tombée de la nuit, à devoir faire demi-tour entre un fossé et des rochers, avec un van que je venais d’acheter. Je me suis dit que ça aurait été de mauvais goût d’appeler mon assurance pour venir me dépanner le jour même où j’ai commencé à assurer mon fourgon, alors je me suis démerdée comme j’ai pu, et je me suis sortie de là.
Bref, je m’égare (c’est le cas de le dire). A peine (enfin) arrivée, je gare le précieux fourgon et c’est parti pour la première étape de l’aménagement… Et la plus fun !
Première étape : enlever tous les revêtements en bois et nettoyer à fond le fourgon. Yay ! Mon père m’a aidé a enlever les barres de toit, et je lui en suis vraiment reconnaissante, parce que ça avait l’air galère.
1000 coups de balais et 3 millions de coups d’éponges plus tard…
Tadaaaaaa
ça m’a pris 2 jours (avec pas mal de pause, je vous le concède), mais mon fourgon est à présent propre comme un sous neuf !
Aujourd’hui est le premier jour du reste de ta vie
J’ai regardé ce film un jour car j’aimais bien le titre… Eh bien le titre s’est révélé être la meilleure partie du film. Mais là n’est pas le sujet de cet article.
Voilà, aujourd’hui, j’ai acheté un van. Je peux vous dire que j’étais pas hyper bien au moment de cliquer sur « confirmer le virement » d’une telle somme. Je n’ai jamais rien acheté d’aussi cher. C’était cool aussi, cela dit, parce que ça fait 2 ans que j’économise, donc c’était comme un aboutissement de mes efforts.
Les jours qui ont précédé l’achat, je suis passée par pas mal d’émotions : excitation, doute, peur, excitation à nouveau…
Ce matin, j’ai pris le train à 9h23, et je suis arrivée à 17h08 à ma destination… Un van, ça se mérite. Dans le train, je suis à nouveau passée par des phases vertigineuses de doute : « Est-ce que je ne suis pas en train de faire une connerie monumentale ? Je pourrais aussi m’orienter vers une vie normale, trouver un job, un appart… ».
Je vous avais parlé de mes galères pour trouver le fameux fourgon. Je vous avoue que je suis soulagée d’avoir franchi cette étape. Je ne réalise pas encore vraiment. Mon cerveau partait tellement dans tous les sens que je l’ai un peu mis en off ces derniers jours. Je l’ai conduit environ une heure ce soir avant de m’arrêter pour la nuit.
Maintenant, reste à l’aménager. Cette idée là aussi me donne le vertige. Pour éviter les crises d’angoisse, je me force à procéder par étape. Un pas à la fois. Ma prochaine étape est donc de ramener le van à la maison. Puis de le nettoyer à l’eau et au savon. Après ça, on verra.
Ca fait environ 3 ans que j’envisage de vivre dans un fourgon aménagé. Il y a 3 ans, j’ai fait un burnout, et j’ai quitté mon emploi. Je suis partie avec mon sac à dos au Népal, et aussi cliché que ce soit, je me suis retrouvée. Je me suis autorisée à réfléchir à la vie dont j’avais envie, et parmi ma liste de rêves impossibles et inavouables se trouvait « vivre en van aménagé ». Je ne pourrais pas vous dire d’où l’idée m’est venue…
Ensuite, j’ai habité au Royaume-Uni, où j’ai rencontré la sublime Cécile, qui est devenu ma meilleure amie et… Qui vit dans son van aménagé.
J’allais souvent boire le thé chez elle, et je m’y sentais incroyablement bien, dans son cocon tout de bois et de coton. La petite graine a commencé à germer dans mon cerveau. Moi aussi, j’aimerais bien un cocon qui bouge…
J’ai envisagé d’acheter un fourgon là-bas, mais l’idée d’avoir le volant du mauvais côté ne m’enchantait qu’à moitié. Quand j’ai pris la décision de rentrer en France, je me suis dit « c’est le moment, dès que je suis en France, j’achète un fourgon ».
Cela fait un an que je suis rentrée… Et je n’ai toujours pas acheté de fourgon. Mes peurs ont pris le dessus. J’ai tellement peur de m’engager que même une maison qui bouge me parait un achat trop engageant : et si je décidais de partir vivre en Australie, qu’est-ce que je fais de mon van ? J’ai aussi peur de manquer de confort, d’investir toute mes économies dans un mode de vie qui ne me plaira peut-être pas, etc, etc etc…
Ah, la peur… Tmtc.
Bref. Après plus d’un an de tergiversation, j’ai surmonté mes peurs. Je sens dans mes tripes que c’est ce que j’ai envie de faire. Et comme dirait Cécile : Trust your guts, always.
Quand t’es une petite nana qui cherche un van
Les conseils de mes proches sont unanimes : emmènent quelqu’un avec toi qui s’y connait. On trouve de tout sur le bon coin, du bon et… du pas bon. Mais voilà, je ne connais personne qui s’y connait, ni qui soit prêt à faire 8h de route pour aller inspecter un véhicule qui me plait. C’est dans ces moments là que je me dis qu’avoir un mec ça pourrait être pratique… 😮
J’ai épluché tout ce que j’ai pu sur la mécanique et j’ai une idée disons correcte de ce qu’il faut vérifier sur un véhicule. Mais voilà… Je me frotte au machisme du monde du cambouis. Dans un garage, lorsque j’ai voulu jeter un coup d’œil au moteur, le mec s’est vexé. Il m’a dit que je n’y connaissais rien, que je n’étais pas mécanicienne, et que je devais lui faire confiance. Okay… Dans un autre, quand je me suis allongée sur le sol pour vérifier si le châssis était rouillé, le mec m’a dit d’un air un peu hautain « mais, vous vous y connaissez, en fait ?« . Je ne peux pas m’empêcher de me demander s’ils auraient réagi pareil avec un homme, calé en mécanique ou pas.
La semaine dernière, j’ai fait 8h de route aller-retour pour voir un véhicule, qui s’est révélé ne pas correspondre à l’annonce… Dur pour le moral. J’étais prête à abandonner mon projet, tant la recherche de véhicule me plombait.
Et là… J’ai entendu parler de Trustoo. C’est une entreprise qui vous permet de « louer » les compétences d’un expert en automobile, qui va inspecter le véhicule pour vous (où qu’il se trouve). Cela vous évite un déplacement inutile, et cela vous permet d’acheter sereinement. Je ne peux pas encore me prononcer sur le sujet, je ne les ai pas encore testé mais… C’est GENIAL comme concept !!!
Voilà, je reprends espoir. Avec un peu d’aide, je vais le trouver, mon fourgon.