Bien. Je vais donc vous parler de moi. Vous l’aurez peut-être deviné, je cache (du moins j’essaie) une sensibilité un peu trop prononcée derrière un humour de mauvais goût. Et à part ça…
J’ai un parcours classique, presque banal, pour notre XXIème siècle. Plutôt douée à l’école, j’ai passé un bac S, puis une licence, puis un master dans le e-commerce.
Ce master en poche, je trouve le Graal. Un CDI à Lyon, plutôt bien payé, dans une boite sympa. Bingo. Je rayonne. A moi la vie d’adulte.
J’ai passé 3 années magnifiques à Lyon : un appart sympa en plein centre, des collègues drôles qui deviennent mes amis, des randos et sorties le weekend, etc etc… La vie rêvée d’une jeune cadre dynamique.
Alors comment expliquer qu’après 3 ans, j’ai commencé à me sentir mal…
Peut-être que j’étais en désaccord avec mes vraies envies, mon vrai moi. Peut-être que le rythme effréné de la vie active m’a épuisée. Je ne pourrais pas vous dire. Toujours est-il que j’allais mal.
J’ai malgré tout mis de longs mois avant d’oser demander une rupture conventionnelle. J’avais terriblement peur de quitter mon cocon, la sécurité et la stabilité que m’apportait ce CDI. Il aura fallu que mon corps me mette un stop pour que je finisse par m’écouter.
J’ai pris mon sac à dos et je suis partie au Népal. J’avais besoin d’air… Dans ce pays magique, empreint de chaos et de sérénité, Je me suis retrouvée, re-découverte.
Voyager m’a toujours fait vibrer. J’ai vécu en Allemagne, en Irlande, au Royaume-Uni. Pendant mes études, j’ai saisi toutes les opportunités de voyage qui s’offraient à moi : stage, Erasmus, service civique, etc.
Depuis mon burn-out, je suis un peu paumée niveau pro. Je suis sur LinkedIn les carrières magnifiques de mes anciens collègues avec une pointe d’admiration, mais aucune envie. J’ai des tas d’idées de reconversion en tête, d’écrivain à prof de yoga, en passant par thérapeute ou hôtesse de l’air.
Mais récemment, j’ai réalisé que ma vie professionnelle n’était pas ma priorité. Voilà, après un bilan de compétences et des heures à me prendre la tête, j’ai réalisé que si j’avais autant de mal à choisir ma vocation, c’est parce que je n’en ai pas vraiment envie pour le moment. Pour l’instant, j’ai envie d’aller d’une expérience à une autre, d’une rencontre à une autre, de me laisser porter par la vie. J’ai envie de bosser quand j’ai besoin d’argent, et d’utiliser mes salaires pour voyager plutôt que pour payer mes factures.
C’est sans doute un peu irresponsable, utopique, tout ce que vous voudrez. Mais voilà… Ma vie, j’ai envie de la vivre.